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EN BREF
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La CGT spectacle du Rhône a interrogé les candidats aux municipales de Lyon et de Villeurbanne sur leurs engagements en matière de culture, en tenant compte de plusieurs thématiques clés telles que la liberté d’expression, le financement culturel, les conditions de travail et l’accès à la culture pour les plus précaires. Quatre candidats à Lyon et deux à Villeurbanne ont répondu, présentant des propositions variées tout en critiquant également le duo Aulas-Sarselli pour leurs intentions jugées peu crédibles. La CGT appelle notamment à ne pas voter pour les listes d’extrême droite et à faire front contre les ambitions des candidats de cette coalition.
Élections : la CGT évalue les candidats à travers le prisme de la culture
Dans un contexte de précarité et d’inquiétude immense chez les professionnel·les de la culture, la CGT spectacle du Rhône a décidé de s’engager en interrogeant les candidats aux municipales à Lyon et Villeurbanne. Ce processus a pour but d’évaluer les engagements des postulants concernant des thématiques essentielles liées à la culture. À travers un questionnaire axé sur la liberté d’expression, le financement, ainsi que les conditions de travail, le syndicat a voulu mettre en lumière le degré d’implication des candidats pour le secteur culturel. Dans cette démarche, il a également profité de l’occasion pour critiquer le duo Aulas-Sarselli, mettant en exergue les incohérences entre leurs déclarations et leurs projets. Cet article se penche sur les résultats révélateurs de ce questionnaire et les propositions des candidats.
Le contexte culturel dans les villes de Lyon et Villeurbanne
Les villes de Lyon et Villeurbanne connaissent actuellement une période de turbulence en matière de culture. La CGT spectacle du Rhône a tenu à aborder sept thèmes fondamentaux au travers de son enquête : la liberté d’expression et de création, l’engagement financier pour la culture, les conditions de travail, le dialogue social, l’accès à la culture pour les plus précaires, les ateliers-logements pour les artistes, et enfin le financement du GIP café culture. Ce faisant, le syndicat a souhaité faire entendre la voix des acteurs du secteur face aux enjeux qui affectent la professions.
Les absences remarquées
Les listes d’extrême droite n’ont pas été sollicitées pour répondre à ce questionnaire. La CGT a justifié cette décision par son combat contre ces mouvements qu’elle juge antidémocratiques. La volonté de la CGT est de s’assurer que les candidats interrogés partagent une engagement sincère et démocratique envers la culture, et de préserver un espace culturel où la diversité et la liberté d’expression sont respectées.
Les réponses des candidats : une promesse tangible ?
Liberté d’expression, de création et de programmation
Les réponses à la thématique de la liberté d’expression et de création ont été variées. Delphine Briday a critiqué la baisse des subventions qui menace l’indépendance des artistes, tout en soulignant que la défense de la liberté artistique dépend également des mobilisations propres aux artistes et aux travailleurs. En revanche, Anaïs Belouassa-Cherifi a plaidé pour une liberté totale de création, insistant sur le fait que la collectivité ne doit pas s’immiscer dans le contenu des œuvres.
Grégory Doucet, de son côté, a proposé de protéger cette liberté par le biais d’une charte nationale, ainsi qu’en développant des espaces d’accompagnement pour les artistes menacés ou censurés. Georges Képénékian a soutenu l’idée que la collectivité devrait financer des projets culturels sans interférer avec leur contenu, garantissant ainsi le pluralisme culturel.
Les engagements en matière d’accès à la culture
Concernant l’accès à la culture, Cédric Van Styvendael a formulé l’idée d’un accès libre aux programmes sans contrôle pour les lieux subventionnés. Mathieu Garabedian a, quant à lui, proposé des mesures visant à garantir un libre accès aux transports en commun et aux musées pour les personnes en difficulté économique.
Financement et transparence : une priorité
Les promesses financières des candidats
La question du financement culturel a également pris une place cruciale au sein des réponses des candidats. Delphine Briday a mis en avant la nécessité de garantir une liberté d’expression totale pour les artistes. Anaïs Belouassa-Cherifi a exigé davantage de transparence dans les politiques culturelles, demandant la publication des critères d’attribution des subventions et un bilan régulier de leur utilisation.
Grégory Doucet a plaidé pour un financement pluri-annuel des structures culturelles, considérant la culture comme un levier essentiel pour la cohésion sociale plutôt qu’une simple variable d’ajustement budgétaire. Georges Képénékian a souligné la nécessité d’un engagement financier solide et durable, insistant pour que les budgets ne soient pas un « variable d’ajustement » en période de crise.
Les propositions spécifiques à Villeurbanne
Dans le contexte de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael a proposé de sécuriser le financement à long terme par des conventions de 3 ans, tout en garantissant la transparence des subventions. Mathieu Garabedian a également plaidé pour une ouverture des commissions d’attribution des subventions à un plus grand nombre d’acteurs, afin de garantir une représentation des droits culturels.
Conditions de travail : une amélioration nécessaire
Propositions des candidats face à l’insécurité du secteur culturel
Les conditions de travail dans le secteur culturel restent une source de préoccupation majeure. Delphine Briday et Anaïs Belouassa-Cherifi se sont montrées favorables à la fin de l’auto-entrepreneuriat imposé, critiquant ce modèle qui jette les artistes dans une précarité inacceptable. Grégory Doucet a également souligné la nécessité d’éviter le recours aux CDD administratifs et d’intensifier les contrôles pour lutter contre le travail dissimulé.
Georges Képénékian a insisté sur le respect strict des conventions collectives et le besoin de garantir les droits des travailleurs pour maintenir la qualité artistique. L’enjeu pour tous ces candidats est d’améliorer les conditions de travail, qu’ils considèrent comme un domaine essentiel à évoluer pour le bien du secteur.
Dialogue social : un axe clé pour l’avenir
Le besoin d’une concertation réelle
Le dialogue social représente une thématique essentielle pour les candidats évalués. Delphine Briday et Anaïs Belouassa-Cherifi ont affirmé leur volonté d’un dialogue inclusif, proposant une participation active aux instances comme les COREPS et le COEF culture. Elles ont souligné l’importance de la transparence et de la traçabilité des échanges avec les partenaires sociaux pour garantir un climat de confiance.
Georges Képénékian, quant à lui, a plaidé pour un « dialogue social structuré et régulier », tandis que Grégory Doucet a envisagé de mettre en œuvre cette stratégie après les élections, soulignant un besoin d’entente collective pour l’avenir de la culture.
Critique des candidats Aulas et Sarselli
Les paradoxes des engagements
Dans son communiqué, la CGT spectacle du Rhône n’a pas manqué de critiquer le duo Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli. Bien qu’ils aient affirmé être en accord avec l’ensemble du programme du syndicat, le syndicat fait part de ses doutes quant à la crédibilité de ces promesses. Les syndicats avertissent que les projets pharaoniques, qu’ils jugent écocides, sont en contradiction avec les engagements d’une politique culturelle ambitieuse.
La CGT spectacle appelle donc les professionnel·les de la culture à faire preuve de vigilance et à ne pas voter pour des listes qu’elle juge non conformes aux valeurs qu’elle défend, et en particulier celles d’extrême droite.
Conclusion : un futur en construction pour la culture
À la croisée des chemins, le paysage culturel à Lyon et Villeurbanne dépendra des orientations et des choix politiques pris lors de ces élections. À travers ce questionnaire, la CGT spectacle du Rhône aura mis en lumière l’importance des engagements pris par chaque candidat envers un secteur en fragilité, tout en appelant à une mobilisation active des professionnel·les.

Élections : la CGT évalue les candidats à travers le prisme de la culture
Dans un contexte de préoccupation croissante face à la situation des professionnel·les de la culture, la CGT spectacle du Rhône a interrogé les candidats aux élections municipales à Lyon et Villeurbanne. Les résultats de ce questionnaire, publié le 9 mars, offrent un aperçu des engagements pris par les candidats sur des thématiques essentielles comme la liberté d’expression et le financement culturel.
Parmi les réponses reçues, Delphine Briday a souligné la menace que représente la baisse des subventions culturelles pour l’indépendance des artistes. Elle a insisté sur la nécessité d’une mobilisation active des travailleurs du secteur pour défendre la liberté artistique.
Anaïs Belouassa-Chérifi a quant à elle affirmé que la collectivité doit garantir une liberté artistique totale sans intervention dans les contenus, soulignant que cette diversité d’expression est cruciale pour une démocratie vivante.
Grégory Doucet a proposé de relancer une charte nationale pour protéger la expression artistique, en favorisant des espaces sécurisés pour les artistes confrontés à la censure.
Georges Képénékian a partagé un point de vue similaire en plaçant l’accent sur le soutien aux projets culturels, nécessaire pour maintenir le pluralisme culturel, tout en insistant sur l’importance de ne pas interférer dans le contenu des œuvres.
Sur le volet du financement culturel, la proposition de Cédric Van Styvendael à Villeurbanne inclut la sécurisation des financements sur plusieurs années, notamment à travers des conventions de 3 ans, afin de garantir une certaine stabilité aux structures culturelles.
Le dialogue social a également été un point de discussion, où Delphine Briday a exprimé son souhait de promouvoir un dialogue inclusif, avec un accès transparent aux informations et échanges avec les partenaires sociaux.
En ce qui concerne l’accès à la culture pour les plus démunis, Mathieu Garabedian a plaidé pour une politique claire en faveur de la gratuité au niveau des transports en commun et des musées pour ceux vivant sous le seuil de pauvreté, témoignage d’un engagement envers l’égalité d’accès à la culture.
Finalement, la CGT spectacle du Rhône n’a pas hésité à critiquer le duo Aulas-Sarselli, soulignant le paradoxe entre les promesses de gratuité généralisée et les projets jugés écocides. Le syndicat appelle fermement à ne pas soutenir les listes d’extrême droite et à faire barrage à ceux qu’il estime peu crédibles en matière culturelle.
