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EN BREF
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En Guinée, les formations privées sur le développement personnel et l’entrepreneuriat se multiplient rapidement, attirant l’attention des jeunes diplômés et étudiants. Ces sessions, souvent animées par des particuliers et des structures non certifiées, visent à répondre à l’inadéquation entre les formations classiques et les besoins du marché du travail. Des initiatives comme celles de Véronique Kpoghomou, qui offre des formations gratuites, témoignent de l’engagement à aider les jeunes à devenir autonomes. Cependant, des voix critiques, comme celle de Sékou Kaïssa Cissé, soulignent que ces formations peuvent aussi constituer un business, soulevant des questions sur leur qualité et leur régulation. Malgré tout, de nombreux bénéficiaires reconnaissent les avantages des compétences acquises, qui leur permettent de lancer des projets et de développer leur confiance en soi.
Depuis ces dernières années, les formations privées sont en plein essor, notamment en Guinée, où elles touchent un public de plus en plus large. Ces initiatives visent à combler les lacunes du système éducatif traditionnel en apportant des compétences pratiques et des connaissances directement applicables sur le marché du travail. Pourtant, cette tendance soulève des interrogations quant à son véritable impact : s’agit-il d’un véritable besoin ou d’un business en pleine expansion ? Cet article se penche sur ce phénomène en explorant les motivations derrière ces formations, les différents acteurs impliqués, ainsi que leurs effets sur les bénéficiaires et le marché de l’éducation.
Un marché éducatif en évolution
Le paysage éducatif mondial, et plus particulièrement en Guinée, connaît une transformation notable. Les formations privées se multiplient, allant des ateliers ponctuels aux programmes de certification complets. Cette évolution s’est intensifiée avec la prise de conscience croissante de l’importance du développement personnel et des compétences pratiques pour s’intégrer dans le monde professionnel actuel. À l’heure où le taux de chômage demeure préoccupant, les jeunes se tournent vers ces alternatives pour acquérir les qualifications recherchées par les employeurs.
Les raisons d’une telle dynamique
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’essor des formations privées. L’un des principaux est l’inadéquation entre les enseignements dispensés dans les établissements publics et les exigences du marché du travail. En effet, beaucoup de jeunes diplômés rendent compte de difficultés à trouver un emploi correspondant à leur formation, soulignant ainsi un décalage entre le système éducatif et les besoins réels des entreprises.
De plus, la digitalisation a ouvert de nouvelles portes, permettant à un plus grand nombre de personnes d’accéder à des formations en ligne à moindre coût. Ces plateformes offrent une variété de cours qui répondent aux attentes des jeunes en matière de flexibilité et de pertinence. Cette accessibilité incite d’autant plus de jeunes à se former en dehors du cadre institutionnel traditionnel.
Les acteurs des formations privées
Les formations privées sont souvent proposées par des particuliers, des spécialistes ou des entreprises ayant des compétences variées, parfois sans certification officielle. À Kabada 2, Véronique Kpoghomou, responsable d’une boutique Longrich, offre des formations gratuites en leadership et en marketing de réseau. Elle explique : « Ces orientations aident les jeunes à trouver leur voie dans l’entrepreneuriat. Nous les encourageons à devenir indépendants et à travailler pour eux-mêmes. »
Une économie éducative en mutation
Les témoignages d’initiatives comme celle de Véronique montrent que ces formations peuvent avoir un impact direct sur l’autonomie professionnelle des jeunes. Cependant, des acteurs comme Lalya Baldé du Cabinet Light Consulting soulignent que l’essor des formations privées équivaut également à un marché en pleine mutation. Il est vital que ces initiateurs de formation garantissent un accompagnement durable et de la qualité dans leurs programmes.
Des retours d’expérience significatifs
Pour les participants, l’impact des formations peut être transformateur. Cécile Boédouno, étudiante en sociologie à l’université de Kankan, témoigne avoir lancé son entreprise de vente de croquettes après avoir suivi une formation en entrepreneuriat. Elle a acquis des compétences en gestion de projet et en développement personnel qui lui ont permis de structurer son activité et de générer des revenus.
Des compétences pratiques et monétisables
Ces formations permettent à beaucoup de jeunes de développer la confiance en soi, de lancer de petits projets et d’acquérir des compétences directement monétisables. Beaucoup d’entre eux voient ces modules comme un complément, et non pas comme une concurrence à leurs études classiques. De plus, avec la nécessité d’une prise de conscience accrue des soft skills dans l’environnement professionnel actuel, ces formations semblent se positionner comme un moyen crucial pour se démarquer.
Un regard critique sur les formations privées
Malgré les avantages apparents, certains critiques se montrent plus sceptiques. Sékou Kaïssa Cissé, acteur de la société civile à Kankan, constate que ces initiatives peuvent également avoir une dimension commerciale. « Les formations privées répondent à un besoin réel, mais elles ont également transformé un savoir en un produit économique. Dans un marché éducatif en mutation, il est impératif de questionner la qualité des enseignements dispensés et leur véritable impact sur l’employabilité des jeunes. »
Les risques d’un marché non régulé
La multiplication des formations privées pose également des questions de régulation. Dans un contexte où le savoir devient une ressource économique, il devient crucial d’établir des normes et des critères de qualité pour encadrer ce secteur en plein essor. À l’origine, l’éducation était considérée comme un droit fondamental, mais avec la montée des formations privées, elle commence à être perçue comme un bien marchand, ce qui pourrait avoir des implications sur l’accès à l’éducation pour certaines franges de la population.
Conclusion : Vers une nécessaire régulation ?
Il est indéniable que les formations privées jouent un rôle plus que significatif dans la formation professionnelle des jeunes. Elles apportent des solutions en réponse aux manques du système traditionnel tout en aidant à réduire le chômage et à promouvoir l’entrepreneuriat. Cependant, il est primordial d’instaurer des mesures régulatrices afin de garantir la qualité et l’éthique de ces formations.
Les enjeux liés à la montée des formations privées doivent alimenter le débat public sur le futur de l’éducation, les besoins des jeunes et la manière dont la société dans son ensemble souhaite appréhender ces transformations. Pour une transition constructive, le dialogue entre le secteur privé et les institutions éducatives doit être encouragé, permettant ainsi d’aligner les objectifs et de proposer une éducation qui réponde véritablement aux attentes du marché du travail.

En Guinée, l’augmentation des formations privées sur le développement personnel et l’entrepreneuriat est indéniable. Les acteurs de ces initiatives, qu’ils soient particuliers ou structures, affirment que ces programmes offrent une véritable passerelle vers l’autonomie professionnelle. Véronique Kpoghomou, à la tête de la boutique Longrich à Kabada 2, souligne l’importance de son engagement : « Nous formons gratuitement en développement personnel et marketing de réseau. Les retours que nous recevons des jeunes sont très positifs ; beaucoup nous disent qu’ils parviennent à subvenir à leurs besoins grâce à nos conseils. » Cette initiative vise à encourager les jeunes à devenir indépendants.
Pour Lalya Baldé, coach au Cabinet Light Consulting, les facteurs à l’origine de cet essor des formations privées sont multiples. Il met en avant le décalage entre les formations classiques et les attentes du marché du travail moderne. « Les jeunes prennent conscience de l’importance des soft skills et des compétences pratiques, et cherchent des alternatives qui répondent réellement à leurs besoins, » dit-il. L’essor de l’accessibilité numérique permet également à ces jeunes de suivre des formations en ligne à moindre coût.
De nombreux bénéficiaires, tels que Cécile Boédouno, étudiante en sociologie, partagent leur expérience. Après avoir participé à une formation en entrepreneuriat, elle a réussi à lancer sa propre activité de vente de croquettes. « Cette formation m’a appris à gérer un projet de A à Z et à développer ma confiance et ma créativité. Aujourd’hui, je génère des revenus et cela m’aide à anticiper les défis futurs, » se remémore-t-elle avec enthousiasme.
Cependant, tous ne partagent pas cet optimisme. Sékou Kaïssa Cissé, acteur de la société civile à Kankan, met en lumière une facette plus commerciale : « Les formations privées, bien qu’elles répondent à un besoin, sont devenues un business. Le privé complète le public sans vraiment le concurrencer. Nous sommes face à un marché éducatif en évolution où le savoir prend une tournure économique. » Cette dualité soulève des préoccupations quant à la qualité et à la régulation des formations proposées.
Dans ce paysage d’éducation en pleine mutation, questionner l’impact réel des formations privées sur la jeunesse guinéenne demeure essentiel. Les opinions divergent, mais tous s’accordent sur un point : ces formations, qu’elles soient perçues comme des opportunités ou comme un marché lucratif, doivent privilégier la qualité et l’accompagnement durable pour véritablement bénéfice aux jeunes.
