|
EN BREF
|
En France, de jeunes entrepreneurs, souvent lycéens ou tout juste majeurs, émergent et remettent en question les conventions de l’entrepreneuriat traditionnel. Malgré leur enthousiasme, ils doivent faire face à des défis tels que des obstacles juridiques, des problèmes de financement et un manque d’expérience et de réseau professionnel. Les jeunes fondateurs, comme Clément Corselle et Yannis Bonneville, témoignent des difficultés rencontrées pour créer leur entreprise, souvent sans l’appui des banques. Cependant, des dispositifs comme le réseau Pépite et les incubateurs aident à accompagner ces jeunes dans leur parcours. Grâce à ces soutiens, l’entrepreneuriat jeune ne cesse de croître, marquant ainsi une évolution dans le monde des affaires
En France, une nouvelle vague d’entrepreneurs émerge, composée de jeunes qui n’ont pas encore atteint l’âge de vingt ans. Ces jeunes pousses, souvent lycéennes ou récemment majeures, redéfinissent les contours de l’entrepreneuriat traditionnel en affrontant une série d’obstacles uniques. De la complexité juridique à des défis financiers importants, ces jeunes entrepreneurs naviguent dans un écosystème qui n’a pas été conçu pour eux. Pourtant, avec détermination et créativité, ils parviennent à faire entendre leur voix et à réaliser leurs rêves d’entreprendre, faisant ainsi évoluer les mentalités et les pratiques du monde des affaires.
Un contexte légal complexe pour les jeunes entrepreneurs
Créer une entreprise dans la jeunesse présente un ensemble de défis, souvent inédits pour cette tranche d’âge. En France, les mineurs rencontrent des restrictions onéreuses qui nécessitent l’accord parental pour fonder une société. Ce cadre légal, conçu pour protéger les jeunes, peut fréquenter des freins à leur autonomie entrepreneuriale. Bien que ces protections soient justifiées, elles soulèvent des questions sur la capacité de ces jeunes à développer pleinement leurs projets. Pour Clément Corselle, qui a lancé sa société à seize ans, le parcours a été semé d’embûches, entre démarches administratives auprès de l’URSSAF et de la Chambre de commerce, illustrant ainsi la fragilité du statut entrepreneurial des jeunes.
Les barrières à l’entrée pour des entrepreneurs précoces
À part les implications juridiques, l’âge lui-même peut s’avérer un handicap dans le monde des affaires. Les jeunes entrepreneurs manquent souvent du réseau professionnel nécessaire pour établir des collaborations fructueuses. L’absence d’expérience et de références peut susciter un scepticisme naturel chez les investisseurs et les partenaires commerciaux. Léo-Paul Briatte et Vianney Dubourg, créateurs de l’entreprise Stelneo, se sont heurtés à cette méfiance : « Un industriel ne fait pas forcément confiance à deux jeunes de seize ans qui se lancent un peu comme ça. » Il leur a fallu adapter leur discours et tirer parti de leur âge pour convaincre de leur crédibilité.
Le défi du financement pour les jeunes créateurs
Le financement constitue un autre obstacle crucial pour les jeunes entrepreneurs. Dans la plupart des cas, ils se heurtent à l’inaccessibilité des prêts bancaires en raison d’un manque de garanties et d’historique financier. Beaucoup d’entre eux se tournent vers d’autres méthodes de financement comme l’autofinancement. Par exemple, Yannis Bonneville, fondateur de Carbox AI, a dû vendre des pièces automobiles pour financer le lancement de sa société. Pour compenser ces manques, de plus en plus de jeunes choisissent de se concentrer sur des secteurs tels que la livraison ou le e-commerce, qui demandent moins de capital initial et permettent de tester rapidement des idées.
Les secteurs d’activité prisés par la génération Z
D’après l’analyse du Bilan national des entreprises 2023-2024, le secteur des services numériques et de l’e-commerce attire particulièrement la jeunesse. Ces domaines, avec un âge moyen des dirigeants à peine supérieur à 32 ans, montrent une forte inclinaison des jeunes pour l’entrepreneuriat dans des espaces où l’entrée est plus facile. D’ailleurs, des entreprises comme Digicomarket, qui se spécialise dans le marketing digital, et Carbox AI, qui propose un showroom virtuel automobile, se positionnent dans ces secteurs dynamiques. En séchant les méthodes d’affaires traditionnelles, ces jeunes entrepreneurs traduisent leur vision du monde au service de projets innovants.
L’accompagnement des jeunes entrepreneurs
Face à l’augmentation significative du nombre de dirigeants de moins de 25 ans, qui a bondi de 12 % entre 2021 et 2023 pour atteindre 8,9 % des entrepreneurs en 2024, l’écosystème entrepreneurial français commence à s’ajuster. Plusieurs organismes d’accompagnement, comme le réseau Pépite, ont élargi leur offre pour répondre aux besoins particuliers des jeunes créateurs. Initialement orienté vers les étudiants, le programme soutient également les jeunes majeurs qui ont débuté leur aventure entrepreneuriale plus tôt.
Le rôle des incubateurs dans l’accompagnement
Les incubateurs des grandes écoles ont un rôle essentiel dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs. Offrant plus qu’un simple soutien, ces incubateurs sensibilisent activement les étudiants à l’entrepreneuriat. En France, environ 400 incubateurs, dont Station F, attirent des jeunes comme Gaspard Bonnot et Solan Despres, fondateurs de DIV Protocol, qui affirment que cette expérience leur a permis d’accéder à un mentorat et à un réseau d’expertise inestimable. Ces incubateurs aident à pallier le manque d’expérience de ces jeunes générations et leur apportent des ressources leur donnant dans l’innovation.
Les aides publiques et concours : des alternatives au financement traditionnel
Pour compenser les difficultés d’accès aux financements bancaires, de nombreuses aides publiques, concours et prêts d’honneur sont mis à la disposition des nouveaux entrepreneurs. Ces initiatives prennent souvent la forme de subventions remboursables sous certaines conditions. Les fondateurs de Stelneo, par exemple, ont eu recours à des concours pour faire avancer leur projet. Vianney Dubourg souligne que ces aides leur ont permis de progresser plus rapidement dans le développement de leur entreprise.
Les risques d’un engagement précoce dans l’entrepreneuriat
Être entrepreneur avant 20 ans présente également des risques non négligeables. Les structures d’encadrement doivent ainsi perfectionner leur approche afin de garantir que ces jeunes ne sacrifient ni leurs études, ni leur santé, ni la pérennité de leur projet. Apprendre à jongler entre des études et une activité entrepreneuriale peut devenir un véritable défi. Bien qu’une expérience entrepreneuriale anticipée ne garantisse rien, elle peut s’avérer être un accélérateur de carrière si elle est bien encadrée.
Un changement des mentalités face à la jeunesse entrepreneuriale
Alors que les jeunes créateurs continuent de faire leur preuve, la perception de l’entrepreneuriat juvénile évolue également. Les histoires de succès commencent à faire leur apparition sur la scène médiatique, attirant l’attention sur ces entrepreneurs de moins de 20 ans qui bousculent les codes établis. Leurs réussites et leurs parcours sont souvent relayés et célébrés, contribuant ainsi à transformer les mentalités à l’égard de l’entrepreneuriat jeune. D’après plusieurs études, il apparaît que les jeunes représentent non seulement un vivier d’idées novatrices, mais aussi un potentiel futur sur le marché du travail.
Encourager la créativité et l’innovation chez les jeunes
Au-delà des obstacles, ce mouvement d’entrepreneuriat juvénile témoigne d’une soif de créativité et d’innovation au sein de la génération Z. Les jeunes entrepreneurs sont souvent à la recherche de solutions aux problèmes de la société actuelle, ce qui les amène à explorer des secteurs peu traditionnels. Par exemple, la transition vers une économie plus durable et le développement d’outils numériques, permettant d’améliorer la vie quotidienne, sont au cœur des préoccupations de cette génération.
Des témoignages inspirants
Les récits de jeunes entrepreneurs sont souvent remplis d’audace et d’innovation. C’est le cas de Clément Corselle, qui a fondé Digicomarket à seize ans. Son parcours est marqué par des défis juridiques, financiers mais aussi par une conviction forte dans son projet. Ces témoignages inspirent d’autres jeunes à suivre leurs rêves et à envisager l’entrepreneuriat comme une voie d’avenir. Les événements tels que des concours d’entrepreneuriat, mettent en lumière ces histoires et encouragent une communauté d’entraide entre jeunes entrepreneurs.
Regarder vers l’avenir : les opportunités de la génération Z
À mesure que l’écosystème entrepreneurial continue d’évoluer, il devient clair que les jeunes entrepreneurs ne se contentent pas d’apprendre les règles existantes, mais qu’ils s’efforcent de les bousculer et de les redéfinir. Avec le soutien approprié et des ajustements institutionnels, cette génération est bien positionnée pour influencer positivement le monde des affaires. Les initiatives visant à accompagner les jeunes entrepreneurs doivent être multipliées afin de favoriser un écosystème prospère, intégré et accessible pour tous ceux qui souhaitent innover et lancer leur propre entreprise.
Le soutien nécessaire pour réussir
Un accompagnement adéquat est nécessaire pour garantir que ces jeunes talents ne soient pas freinés par des barrières administratives ou des difficultés financières. Des initiatives telles que les programmes éducatifs dédiés au monde de l’entrepreneuriat chez les jeunes sont essentielles. En renforçant cette dimension d’accompagnement, on rendra possible l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, créateurs de valeur, générateurs d’emplois et vecteurs de changement social.
Pour découvrir plus sur les défis et opportunités ont fait face ces jeunes créateurs, vous pouvez explorer ces liens : Comment ces jeunes entrepreneurs ont changé le monde, Soutenir l’esprit entrepreneurial dans les quartiers, Concours marathon de l’entrepreneur, Réseau dynamique à Challans, L’entrepreneuriat chez les ados, Jeunes entrepreneurs français, Rapport au travail de la génération Z, Entrepreneurs : la jeune génération, Zentrepreneurs aujourd’hui, Parents entrepreneurs et développement personnel.

Dans un paysage entrepreneurial en évolution, de nombreux jeunes de moins de 20 ans se lancent dans l’aventure de la création d’entreprise, défiant les normes établies. Clément Corselle, qui a fondé Digicomarket à seize ans, témoigne des complications rencontrées : « En 2020, j’étais le premier cas dans mon département et ils ne savaient pas trop comment s’y prendre. Ça a été assez compliqué. J’ai dû faire des allers-retours entre l’URSSAF et la Chambre de commerce et d’industrie qui se renvoyaient la balle. » Son expérience met en lumière les défis juridiques qui freinent souvent l’élan de ces jeunes créateurs.
Un autre jeune entrepreneur, Yannis Bonneville, a développé Carbox AI à seize ans. Il partage : « Pour le lancement de mes projets, je vendais des pièces automobiles à des garages, je faisais de l’achat-revente… C’est cet argent qui m’a permis de lancer ma société. » Son récit illustre comment le manque d’accès au financement classique peut obliger ces jeunes à adopter des moyens astucieux pour démarrer leurs activités.
Les fondateurs de Stelneo, Léo-Paul Briatte et Vianney Dubourg, racontent également leur parcours. « Un industriel ne fait pas forcément confiance à deux jeunes de seize ans qui se lancent un peu comme ça. Très vite, il a fallu qu’on adapte notre posture orale pour faire de notre âge un atout. » Leur témoignage souligne à quel point le scepticisme peut entacher leur crédibilité, mais leur détermination les pousse à transformer cet obstacle en force.
La montée en puissance d’organismes comme le réseau Pépite témoigne d’une évolution dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs. En effet, en 2024, ce réseau a soutenu 600 000 personnes, avec des taux de survie impressionnants pour les entreprises accompagnées. L’incubation en école supérieure comme Station F est également une démarche prisée par les jeunes, comme le dit Gaspard Bonnot : « Quand on se lance, ça permet d’avoir un mentorat, l’expérience d’autres et des mises en relation avec les différents acteurs de l’innovation. »
Enfin, Vianney Dubourg revient sur l’importance des aides publiques et des concours auxquels ils ont participé : « Gagner des concours entrepreneuriaux nous a permis d’avancer plus vite dans le développement de notre projet. » Ce soutien financier est crucial et offre une alternative aux emprunts classiques souvent inaccessibles pour eux.
